Notre histoire avec ce tournoi date principalement de 2014, si évidemment nous connaissions le tournoi bien avant cela, c'est derrière le 2e titre de Maria Sharapova que nous avons commencé à y mettre notre coeur. En effet, cette campagne de la grande championne russe (qui fait partie de nos athlètes de légendes cf. Instagram) nous a donné envie de suivre le circuit plus attentivement. 

Ce n’est que deux ans plus tard que nous avons pu y assister sur place, où nous avons eu la chance de voir un match opposant deux des plus grands noms du tennis : Serena Williams et Novak Djokovic. Ce dernier, que nous considérions comme le meilleur joueur depuis la fin des années 2000, impressionnait déjà par sa capacité d’adaptation sur toutes les surfaces.
2016 fut donc l’année de notre découverte du site de Roland-Garros : son atmosphère unique, ses caprices météorologiques, ses courts annexes, et ces matchs de double presque joués à huis clos. Nous savions déjà, à ce moment-là, que ce ne serait pas notre dernière expérience à Roland. Et dès l’année suivante, nous étions de retour — cette fois-ci pendant deux des trois semaines que dure le tournoi. Une mission d’intérim s’est alors présentée à nous, nous offrant l’opportunité de vivre Roland de l’intérieur, du premier match du tableau principal jusqu’à la finale. Cela nous a permis de croiser, dans les travées, nombre de nos athlètes préférés. Mais ce qui a rendu cette expérience inoubliable, c’est une rencontre oubliée avec Jelena Ostapenko... La lettone qui venait de rentrer dans le top 50 nous était inconnue, pourtant déjà considérée comme un grand espoir du tennis, compte tenu de son palmarès junior. Avec les milliers de personnes croisées pendant la quinzaine, impossible d’être certain à 100 % que c’était bien elle que nous avions aperçue dans les couloirs près du court Suzanne-Lenglen. Mais cette légende, cette idée, nous a donné envie de suivre sa carrière de près — et elle revient souvent dans nos publications.. 
Ce n’est qu’en 2025 que nous avons pu revenir à la porte d’Auteuil pour voir du tennis, car en 2022, nous nous y étions rendus uniquement pour assister au tout premier événement de padel sur ce site historique (le Premier Padel Major de Paris, que nous recommandons à tout amateur de sports de raquette). Devinez alors quel match nous avons pu voir sur le court n°7 ?
Jelena Ostapenko, présente pour nous accueillir, face à Caroline Dolehide. Un match très disputé entre deux joueuses de fond de court à la puissance remarquable. Nous avons immédiatement été marqués par l’athlétisme de l’Américaine, aux muscles impressionnants, laissant penser qu’elle tiendrait la bataille physique. En face, notre joueuse préférée du circuit, Jelena, nous donne envie d’y croire par son intensité. Souvent associée aux "dramas", nous avons vécu ses expressions faciales et ses commentaires en direct. Nous l’avons même vue faire signe à son conjoint de quitter le court à la fin du premier set. C’est à la fin du deuxième set que la Lettone remarque le groupe de supporters de la tribune bleue qui l’encourage. Le déclic se produit alors. Après chaque point important, elle se tourne vers eux, le poing levé, les regardant un à un dans les yeux. Un contraste saisissant avec Caroline Dolehide, pourtant elle aussi encouragée, mais qui semble s’effacer sous sa casquette au fil du match. 

Ostapenko conclut le match de fort belle manière et prend le temps d’offrir ses serviettes aux quatre jeunes supporters qui l’ont portée mentalement. Elle enchaîne les photos avant de quitter le court avec un petit sourire, retrouvant cette timidité qui la caractérise.
*Elle perd au tour suivant contre Elena Rybakina, victorieuse du tournoi de Strasbourg, ce qui la prive d’une rencontre avec sa meilleure adversaire : Iga Świątek, contre qui elle reste invaincue. Iga, de son côté, est elle-même invaincue à Roland-Garros depuis trois ans.  

Flashback en 2022 : nous dressions alors la première liste des athlètes à suivre, et côté tennis, nous avions misé sur Diana Shnaider. La Russe a depuis remporté une médaille d’argent en double aux Jeux de Paris. C’était une belle occasion pour nous de "boucler la boucle" en allant voir celle qui, parmi les noms cités à l’époque, a réussi à atteindre les sommets (même si elle était déjà très bien engagée). Dans le contexte géopolitique actuel, Diana, qui concourt sous bannière neutre, affrontait une Ukrainienne au premier tour... et en retrouvait une autre ce jour-là. Dayana Yastremska, soutenue par une grande partie du public, a fait parler sa puissance et son mental. Elle remonte un double break dans le second set pour finalement s’imposer 7-5, 7-5 face à la 12e tête de série. Une belle occasion pour elle de briller, elle qui vient de faire son entrée dans le top 50. 
*Elle sera éliminée au tour suivant par Ludmila Samsonova, elle aussi tête de série.  

Enfin, la session de nuit nous attend avec Holger Rune face à Emilio Nava. Un duel entre deux joueurs de la même génération, mais à des étapes très différentes de leur carrière. Si l’un est 10e mondial, l’autre pointe à la 137e place du classement, mais ce qui est bien dans le tennis, c’est que le classement ne définit que l’ordre du tableau, pas l’issue d’un match. Et si Holger pensait plier l’affaire rapidement, l’Américain l’a vite fait déchanter. Après un premier set plus ou moins disputé, Emilio a montrer son meilleur tennis dans le deuxième. Un spectacle digne de la session de nuit avec un nombre important d'échanges de très très haut niveau, de quoi tenir en haleine le public du Chatrier, malgré une affiche qui était définitivement en place pour le public télévisuel de Prime Vidéo. La chaîne américaine, contre laquelle Ons Jabeur a adressé un coup de gueule légitime, souhaite faire plaisir au public transatlantique en accord avec ce qui peut plaire au public parisien sur place. Nous avons eu jusqu'ici les 3 premières têtes de série, Gaël Monfils et ce match pour lequel il était difficile de savoir s'il allait délivrer. 

Nous ne souhaitons pas conclure cet article sur une note négative en parlant du public français, qui manque souvent de respect aux joueurs, en se levant pendant les jeux, en criant lorsque les joueurs sont prêts, et qui n'a pas honte de scander des phrases tel que "Tue-le" en regardant un match de tennis. Si pour certain c'est l'atmosphère de Roland et c'est ce qui en fait le charme, pour nous cela dépasse déjà les limites du raisonnable. Mais comme évoqué plus tôt, Roland Garros reste un lieu magique, avec des stands et des animations qui donnent envie de suivre le tennis, des matchs à gogo, des têtes de série sur des petits courts et la possibilité de découvrir les talents de demain. 

Nous rajoutons ce message pour les joueurs et les joueuses de tennis qui souhaite collaborer, le temps d'une saison, d'une collection ou pour du long terme, pour autre chose, nous sommes plus qu'ouvert à vous aider à la hauteur de nos moyens. 
Au passage pour ceux qui lisent cet article à sa sortie, sachez que Caroline Garcia est toujours en course en double aux côtés de Diane Parry et elles font face aux médaillés d'argent de Paris 2024, Mirra Andreeva et Diana Shnaider ce dimanche 1er juin. Cette fois-ci c'est peut-être vraiment le dernier match de notre championne française, et celle-ci mérite le soutien de nos lecteurs (cf. Notre article sur Caro Garcia).